Pourquoi payer quand on peut tout avoir gratuitement sur Internet ?

Technologie
Pourquoi payer quand on peut tout avoir gratuitement sur Internet ?

Raphaël |

Depuis la bulle d'Internet de la fin des années 1990, Internet est la scène de promesses de gratuité : beaucoup d'entreprises proposaient et proposent encore aujourd'hui des services (et même parfois des biens) complètement gratuits. Pourtant, il existe presque systématiquement des offres concurrentes payantes qui ont parfois tout autant de succès. Pourquoi ?

Est-ce vraiment gratuit ?

Prenons pour commencer l'exemple de Facebook (Meta). Aucune offre payante n'est proposée pour utiliser le réseau social, mais l'entreprise a bien un objectif de rentabilité. Entretenir un tel service coûte relativement cher : il faut payer des serveurs, espaces de stockages, services d'acheminement des e-mails, noms de domaines, mais aussi du temps de développement, de réponse au support client, comptabilité, etc. Il n'est donc pas possible de proposer ce service sans générer de revenu. 

Pour gagner de l'argent, même si le service est d'apparence gratuit, Facebook vend quelque chose : ses utilisateurs. L'objectif de Facebook est de vous connaître au mieux : il connait vos envies, quels sites vous visitez, vos projets, vos achats… Une fois que vous avez été profilé, Facebook propose à des annonceurs de vous cibler, de cibler une audience avec précision. Facebook appartenant à la même société qu'Instagram, Messenger et (entre autres) WhatsApp, les données publiques et privées de ces sites sont associées pour un ciblage plus efficace. Si vous êtes annonceur, vous pourrez choisir par exemple de ne cibler que les femmes de 20 à 30 ans ayant pour projet de créer une entreprise, vivant près de Saint-Tropez et ayant joué récemment à des jeux vidéos. L'échantillon peut être très restreint, c'est d'autant plus efficace. L'annonceur paye ensuite pour chaque visiteur que Facebook lui envoie.


Extrait des catégories de ciblage publicitaire de Facebook

En clair, dans le modèle gratuit, vous n'êtes pas le client du service. Le véritable client, c'est l'annonceur. Le modèle consiste donc à tout savoir sur les utilisateurs et à exploiter leurs données personnelles (et parfois intimes : conversations, données définies comme non partagées, etc.) pour vendre au meilleur prix de la publicité. L'annonceur répercute ensuite le coût de la publicité dans ses offres commerciales. Vous payez donc indirectement le service dans les biens et services que vous consommez.

Pour citer un autre géant, Google utilise un modèle un peu similaire. Il est aujourd'hui l'un des publicitaires les plus puissant au monde, grâce entre autre à la somme d'informations qu'il a accumulé sur ses utilisateurs. Google est omniprésent dans la plupart des pays occidentaux (exception faite de la Russie, la Chine et quelques autres petits pays) : il répond à vos recherches avec Google Search, il est dans votre poche avec Android, il est dans votre salon avec Google Assistant, il est dans votre télé avec Youtube, il gère vos e-mails avec Gmail, votre navigation Internet avec Chrome, vos déplacements avec Waze, il suit votre navigation avec les services aux Webmasters, etc. En plus de cela, il propose aussi des services dits freemium, c'est à dire gratuit avec une option haut-de-gamme payante, avec Google One, et des services aux professionnels avec Google Cloud (et d'autres). C'est donc un modèle hybride.

Il y a une problématique critique à mes yeux : le fournisseur du service exploite un accès presque sans limite à l'intimité de l'utilisateur. Ma prise de conscience de ces problématiques d'intrusion dans l'intimité a été le jour où j'ai découvert la Timeline de Google Maps. Alors que j'avais pour habitude de désactiver la localisation sur mon téléphone Android, j'ai découvert que Google savait en permanence où j'étais, ce que je faisais, où j'allais, quels lieux je fréquentais et répertoriait tout sur un site : https://timeline.google.com Testez, dites-moi en commentaire ce que vous en pensez.

À mes yeux, l'autre problème est la nuisance publicitaire : elle fait perdre du temps, de l'énergie, des ressources machine, pollue le champ de vision et détourne de la raison pour laquelle on utilise un service, en plus d'avoir un impact environnemental plus que considérable.

Ceci dit, pour Facebook comme pour Google, le modèle gratuit a des avantages indéniables :

  • Ce sont des services qui ne coûtent rien et qui peuvent aussi être consommés presque sans limite. Jamais Google.com vous dira que vous avez trop fait de recherche aujourd'hui, jamais WhatsApp comptera le temps que vous avez passé à échanger des messages avec vos proches.
  • Suivre les utilisateurs et leurs pratiques permet de savoir ce qui est utilisé, ce qui est apprécié, de qui est recherché. Ainsi, ces entreprises développent des services toujours plus efficaces, dont certain ont parfois une décennie d'avance sur la concurrence. J'ai encore à ce jour beaucoup de mal à imaginer la vie sans Gmail ! (et croyez-moi, j'essaye)
  • Tout le monde peut avoir accès à leurs outils. Pauvres, riches, jeunes, vieux… Il n'y a pas de sélection par l'argent et, même sans emploi, vous pouvez utiliser toute la suite Google Docs pour créer un CV.

Et les modèles payants ?

Certaines sociétés communiquent sur le fait que vos données personnelles ne les intéressent pas. Souvent, ces entreprises abandonnent le modèle gratuit avec publicité pour un modèle payant uniquement, éventuellement avec une offre d'essai. 

C'est par exemple le cas d'Apple, qui a toujours proposé des produits et des services plus chers que la moyenne, mais qui (d'après la politique qui est présentée au public) ne cherche pas à augmenter ses profits en revendant les données intimes de ses clients. Les services développés par Apple (iCloud, Apple TV+, Apple Music, etc.) ne présentent pas de publicité, excepté quelques opérations d'autopromotion très ponctuelles.

Attention, ce n'est pas une garantie que votre intimité est préservée : lorsque vous achetez un produit Apple, pour bénéficier de toutes les fonction de son assistant vocal Siri, vous êtes invités à accepter qu'Apple écoute ce qu'il se passe autours de votre appareil. Plusieurs personnes ont témoigné avoir travaillé pour Apple avec pour mission la transcription de conversation captées par Siri, parfois des conversations qui n'auraient jamais du être entendues par un tiers. Même si c'est aussi très probablement le cas avec les autres assistants, la différence est que si vous refusez d'être écouté, vous avez toujours accès à la quasi-totalité du service.

Parmi les avantages du service payant, on trouve aussi un plus grand confort d'utilisation. Dans la plupart des cas, lorsque vous payez, vous avez un meilleur support technique et vous ne subissez pas de publicité. Autre point à mes yeux importants : comme vous êtes le client, vous financez directement le projet que vous appréciez, ce qui lui permet de continuer à vivre et à se développer.

L'inconvénient est une sélection par la capacité de payer. Bien entendu, la personne qui a du mal à ne pas être à découvert le 10 du mois aura tout autant de mal à acheter le dernier MacBook Pro avec l'abonnement Apple One Premium à 30€ par mois, mais ce n'est pas le cœur du problème : il existe beaucoup de pays dans lesquels avoir un compte en banque est un luxe réservé à une élite, et posséder une devise convertible est proche de l'impossible. Par exemple, au Mali, les utilisateurs de carte bancaire sont très peu nombreux et encore trop peu d'entreprises du web acceptent le Franc CFA. Au Maroc, il est presque impossible d'acheter un bien ou un service étranger. Difficile dans ces conditions de souscrire à un service non gratuit. 

Le troisième modèle

Internet a vu la naissance d'idéalistes : des gens qui rejetaient l'idée de créer une entreprise pour s'enrichir, des universitaires offrant leur vie à la technologie, des passionnés acceptant de vivre avec le minimum pour faire avancer l'humanité. C'est fou, difficile à croire dans ce monde, mais c'est une réalité à laquelle vous avez déjà probablement participé.

Wikipedia, Firefox, GNU/Linux, BSD, Signal, LibreOffice… Ces noms vous parlent peut-être, vous avez déjà probablement fait appel à certain d'entre eux (consciemment ou non) : Wikipedia est la plus grande encyclopédie écrite par l'humanité, Linux fait fonctionner votre téléphone Android (ou BSD si vous utiliser un appareil Apple), Firefox est l'un des navigateurs web les plus utilisés sur Internet, Signal est système de messagerie équivalent à WhatsApp, LibreOffice est une suite bureautique concurrente à Microsoft Office. Tous ces services, logiciels, technologies sont non seulement utilisables gratuitement, mais aussi en grande partie libres de droits (avec certaines limites), et majoritairement sans publicité.

Ceci dit, pour eux aussi, se développer, se maintenir, exister coûte de l'argent. Cela coûte même très cher ! La fondation administrant Wikipedia évoque plusieurs dizaines de milliers d'euros par an simplement pour les serveurs, auxquels s'ajoutent plusieurs centaines de salariés et des coûts divers difficilement imaginables pour un service gratuit. Et pourtant, la fondation n'a pas fait faillite, le site fonctionne bien et vous êtes comme moi très heureux de pouvoir aller vous y balader sans être embêté par de la publicité ni avoir à payer un abonnement. 

La subtilité de ce modèle est que le service est utilisable gratuitement, mais n'est pas gratuit. Il fonctionne sur la base de dons, à la manière d'une ONG. Lorsque vous en avez les moyens, tous les services, logiciels, technologies dites "libres" vous invitent à les considérer comme des services payants. Vous payez ce que vous voulez, dans les limites du raisonnablement possible, et votre contribution bénéficie à tous les utilisateurs. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Wikipedia fait occasionnellement apparaitre des bannières vous invitant à donner.

Lorsque l'audience est suffisante, c'est un modèle incroyablement puissant, offrant tous les avantages de la gratuité et tous les avantages d'un service haut-de-gamme, respectueux de l'intimité et sans publicité (ou très peu). Lorsque l'alternative dite "libre" ou "open-source" existe, je vous invite vivement à l'essayer.

Et OnlineCreation.me ?

OnlineCreation.me propose une offre gratuite avec publicité et une offre payante. Lorsque vous créez un site gratuit sur OnlineCreation.me, nous comptons sur vous pour deux choses :

  • soit vous appréciez le service et vous y souscrivez, sachant que c'est l'un des services les moins chers du web pour créer un site,
  • soit vous générez un trafic et une réputation suffisante, que nous transformons en revenu grâce à des partenariats placés sur votre site.

Je dois vous avouer quelque chose : je déteste la publicité. Je suis obligé de la subir, je suis obligé de faire parler d'OnlineCreation.me, mais je déteste ça. L'offre gratuite d'OnlineCreation.me est donc avant tout une version d'essai, un échantillon, que vous pouvez utiliser autant que vous le souhaitez. C'est une offre freemium.

Ceci dit, comme le gratuit est très apprécié et comme nous recherchons à toujours avoir une relation la plus responsable possible avec vous, nous nous efforçons de trouver des partenariats les plus éthiques possible. Nous choisissons des partenaires respectant le plus possible nos valeurs et évitons autant que possible les mauvaises pratiques (cookies traceurs, pub dégradante, etc.). Le problème est que ce type de partenariats, réputé moins fiable pour les annonceurs, est nettement moins rémunérateur que de la publicité classique. Nous comptons donc avant tout sur votre abonnement pour faire vivre le service.

Quelles sont vos préférences ? Acceptez-vous que votre intimité soit exploitée en l'échange d'un service gratuit et plus adapté à vos besoin ? Quels services acceptez-vous de payer ?



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